Toutes les News

A bord de Fleur de Passion en cet été 2017, un groupe de cinq adolescents genevois - 4 garçons et 1 fille - expérimente la vie en mer dans le cadre du programme socio-éducatif Jeunes en mer. Embarqués à Cairns fin juin pour deux mois, ces équipiers à part entière s’initient à la manoeuvre et aux exigences de la vie en groupe à bord d’un voilier de travail dévolu au « faire ensemble ». Ils sont aussi les témoins privilégiés des enjeux environnementaux au coeur de l’expédition. Et plus encore que les témoins, ils participent aussi à la mise en oeuvre de certains des programmes scientifique, comme celui consistant à observer l’état de santé des coraux. Exemple à travers ce bref récit de Yaiza, la coordinatrice scientifique du bord. 

« Depuis notre départ de Cairns fin juin 2017, les vents nous ont portés en direction de la Papouasie-Nouvelle Guinée et nous en avons profiter pour découvrir une partie de sa faune et de sa flore, sous-marine en l’occurence. Le pays jouit en en effet d’une très riche biodiversité, également terrestre. Il demeure peu étudié et plein d’espèces y sont encore à découvrir. C’est là qu’avec l’équipe de cinq jeunes présents à bord, nous avons pu poursuivre nos observations de l’état de santé des récifs coralliens dans le cadre du programme CoralWatch, débuté en avril dernier en partenariat avec le projet basé à l’Université du Queensland (UQ) à Brisbane.

Une première fois dans la baie de Haliwa Una, avec Jonathan et Leandro, nous avons pu constater que le récif sur lequel nous avons mené nos observations en snorkeling était plutôt en bonne santé, même si nous y avons vu que certains coraux avait blanchi sous l’effet du réchauffement climatique. Ces observations contrastaient dramatiquement avec celles effectuées mi-juillet sur un récif dénommé Guasopa Bay, sur l’îlee de Muyua. Là, avec Hasna, Kilian, Leonard et Jonathan, nous avons pu constater que la plupart des coraux avaient blanchi ou en train de blanchir, quand ils n’étaient pas carrément morts. Le fond de l’eau était jonché de débris de coraux offrant un spectacle très triste.

A tour de rôle, les jeunes ont également pu effectuer leur baptême de plongée sous-marine avec Jérôme, chef plongeur à bord de l’expédition. La mise à l’eau se fait depuis la plage, sous l’oeil attentif des nombreux enfants du coin.

La totalité des 12’000 photos prises par les chercheurs de l’Université du Queensland à Brisbane lors de leur mission à bord de Fleur de Passion en mai 2017 entre Townsville et Cooktown est désormais accessible sur https://doi.pangaea.de/10.1594/PANGAEA.877578. L’équipe du Remote Sensing Research Center (RSRC) du Dr Chris Roelfsema vient en effet de terminer la compilation de ces clichés réalisés sur 17 récifs coralliens lors de 59 transects sur une distance cumulée de 40 km dans la partie nord de la Grande Barrière, la plus touchée par les récents épisodes de blanchissement des coraux des au réchauffement climatique. Ces milliers de clichés vont permettre de finaliser le projet de cartographie de la Grande Barrière de corail auquel The Ocean Mapping Expedition aura pris part et impliquant plusieurs autres institutions australiennes.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les photos récoltées sont plutôt déprimantes par l’affligeant spectacle qu’elles offrent. De-ci-delà, sur de rares récifs, quelques tâches de couleur bleu, rose, vert subsistent et donnent encore l’idée de ce qu’était la Grande Barrière de corail dans son foisonnement de formes et de teintes. Mais dans l’ensemble, elles illustrent la réalité dramatique de ce qu’est en train de devenir « sous nous nos yeux » cet écosystème d’importance pourtant vital pour des milliers d’organismes marins, en particulier dans sa partie nord.

Sur beaucoup de clichés (voir sélection ci-dessous), on peut observer à quoi renvoie concrètement le phénomène de blanchissement dû au réchauffement climatique. Et sur beaucoup d’autres également, de lugubres champs de coraux morts se donnent à voir, annonciateurs de ce qui attend l’entier de la Grande Barrière et toutes les régions coralliennes dans le monde dès lors que la température de l’eau n’aura pas diminué.

Le 3 juillet 2017 en Papouasie-Nouvelle Guinée, nous avons effectué notre premier échantillonnage d’eau de surface depuis le départ de Cairns dans le cadre du programme Micromégas sur la pollution micro-plastiques, en partenariat avec l’association genevoise Oceaneye. Ce premier prélèvement avait une saveur toute particulière dont nous n’étions pas peu fiers car c’était aussi le 100ème effectué depuis le départ de The Ocean Mapping Expédition de Séville, en avril 2015.
Aussi, avant de le conditionner selon la procédure habituelle, nous avons observé son contenu avec une certaine excitation vu les circonstances. Et malheureusement, ce 100ème prélèvements comme tous les précédents contenait lui aussi des particules de plastique, certes pas nombreuses mais tout de même… 

Vous avez jusqu’au dimanche soir 2 juillet 2017 pour aller voir ou revoir l’exposition « Fleur de Passion, le bateau qui voulait flotter », aux Bains des Paquis à Genève. Cette exposition retrace en images d’archives et d’actualité plus récente l’étonnante histoire de cet ancien bateau militaire de type KFK de la Marine allemande construit en 1941, transformé en voilier dans les années 1970 puis entièrement restauré de 2003 à 2009 par l’association genevoise Pacifique (www.pacifique), son propriétaire formel et le maître d’oeuvre des projets socio-éducatifs à son bord. Et profitez-en pour lire dans le dernier numéro (été 2017) du Journal des Bains l’épisode 3 de la série de reportages à bord de The Ocean Mapping Expedition http://www.bains-des-paquis.ch/content/magazines/JdB-17.pdf

Et si d’aventure Genève s’avère trop lointaine ces prochains jours, ou pour prolonger la visite, ne manquez pas le court-métrage qui revisite cette même histoire grâce à d’autres images, vidéo celles-là: https://www.youtube.com/watch?v=CYARlpvaXNA.

Ne manquez pas la dernière édition du Journal des Bains des Paquis, et avec elle l'épisode 3 de la série de reportages au coeur de The Ocean Mapping Expedition. En l'occurence de Brisbane à Cairns sur la Grande Barrière de corail. L'article est magnifiquement illustré par les dessins du peintre naturaliste Pierre Baumgart qui a passé deux semaine à bord courant avril et nous donne à voir comme par contraste ce qui est dramatiquement en train de disparaître de cet environnement en péril.

Le journal est disponible en ligne sur le site des Bains - http://www.bains-des-paquis.ch/content/magazines/JdB-17.pdf - mais aussi et surtout sur place, ce qui a quand même plus de charme avouons-le. L'occasion de voir ou revoir l'exposition de photos "Fleur de Passion, le bateau qui voulait flotter", qui se prolongera d'ailleurs jusqu'au dimanche 2 juillet au soir.